COVID-19

Fahd EL MJABBER: Le coronavirus, ou le retour de l’homme.

FAHD LEMJABAR: Le coronavirus, ou le retour de l'homme.
Publié Initialement sur le profil LinkedIn de son auteur le 02 Avril 2020
Face à la crise actuelle, les gouvernements ont pris des mesures économiques justifiées par les notions de citoyenneté commune et de destin partagé, mettant de côté les principes de l’économie moderne prônant la rationalité des individus. Steve Bannon, ancien chief strategist de la Maison Blanche, résume cette situation ainsi : “A country is more than an economy.”
À ce titre, et après avoir taxé (épongé!) le travail des hommes tout au long de l’histoire, ces gouvernements ont décidé cette fois-ci de distribuer des milliers de milliards de dollars, à la manière de L’Helicopter Money de Milton Friedman, à ces hommes ! Une première dans l’histoire peut être…et uniquement par crainte d’un virus, car in fine.. “If horses could have voted, there never would have been cars.”
PS : Les entreprises également (bien sûr !) recevront leurs chèques, pourvu que ça ne sert pas à des rachats d’actions ou des bonus indus !
Sur le court terme, cette décision semble être la seule option pour la gestion immédiate de cette crise. Sur le moyen et long terme, il s’agit de se préparer à des crises similaires (oui, elles reviendront ! ce n’est plus un Knowen unknowen !).
Se préparer, comment ? En renforçant la résilience de ces hommes !
En effet, il s’agit dès à présent d’évaluer les vulnérabilités constatées (les hommes !), de réévaluer les priorités des politiques publiques (les hommes !), bref, guider les “nouveaux” modèles de développement des pays (autour des hommes !).

1-L’homme est vulnérable lorsqu’il est sans travail. Comment retrouver le travail ?

Du fait de la fragmentation des chaînes de valeur dans le monde (prédominance des industries moins intensives en travail) et de l’automatisation, le travail ne contribue plus dans la création de la valeur ajoutée, autant que le capital.
La crise actuelle accentuera cette fragmentation lorsque plusieurs pays, ceux au contrôle de ces chaînes (US, Chine, Japan, Allemagne), tireront ces dernières plus proches de leurs zones de contrôle.

Les gouvernements et les acteurs privés doivent désormais apprendre à se repositionner continuellement sur ces chaînes à la quête d’opportunités de travail. Cette flexibilité est à rechercher dans l’innovation, moteur de l’économie et qui se développe toujours !! du bas vers le haut. ‘Icebergs melt from the edge.’ Gidi Grinstein.

L’automatisation, elle, se poursuivra, retirant des hommes des postes de travail et leur créant d’autres. Quelques tâches, en revanche, semblent revenir aux hommes (Les algorithmes de UBER ont augmenté les tarifs des taxis au moment des attentats de Londres !!).

2- l’Homme est vulnérable sans couverture sociale : Comment la financer ?

Les hommes ont besoin de couverture sociale. Les robots, grands concurrents sur les postes de travail, n’ont pas besoin de couverture sociale. Ils ont besoin plutôt d’être…taxés ! (Bill Gates’ idea!).

Le principe est de déconnecter le travail de la couverture sociale. Cette dernière peut être financée par une taxe progressive sur la consommation (Le Canada, l’Australie, la Suède ont réussi cette approche). Cette proposition permettra d’éloigner les entreprises du business de la santé et les cotisations sociales des bulletins de paie des hommes.

3-   Le travail ne se ressemble pas : Donnant à César ce qui est à César !

L’une des grandes leçons de cette crise sanitaire est que la vulnérabilité des médecins, des agents de sécurité et des youtubeurs n’est pas la même face au virus.

L’écart apparu entre les métiers essentiels à la continuité de la vie sociale et leur position en bas de l’échelle des rémunérations doit inviter les forces vives à repenser les priorités et la valeur qu’on accorde à chaque catégorie socioprofessionnelle.

4- Protéger les hommes à l’ère du tout-numérique :

Du jour au lendemain, cette crise a mis des millions de personnes au télétravail, à l’enseignement à distance ou à la téléconsultation. Si l’infrastructure technique a tenu (jusqu’à à ce jour, croisant les doigts !), les lois s’efforçant à suivre le rythme numérique, doivent garantir auprès des opérateurs la robustesse, la capacité et la sécurité de ces infrastructures de même que des données des hommes.

5- Repenser la taxation du travail :

À l’ère du free-lance, il s’agit de simplifier la taxation des contractants (la gig economy).

Pour les revenus faibles et moyens, les crédits d’impôt est une nécessité pour couvrir une partie des dépenses vitales des personnes à charge, renforçant ainsi la résilience de ces hommes.

Les compétences recherchées sur le marché du travail évoluent à la vitesse des applications mobiles. La formation à vie n’est plus une option et la déductibilité fiscale des dépenses d’enseignement (y compris le post-secondaire) des revenus des hommes doit suivre.

6- Soft skills ?

L’homme doit développer les soft skills. Ce n’est pas l’état qui fera cela pour lui. Period !

Thomas Friedman, le grand columnist du NewYork Times les décrit ainsi: “Employers just want someone who will get up, dress up, show up, shut up, and never give up.”

Et pour s’y mettre, il n’y a pas de formules magiques (Il ne suffit pas non plus de regarder les médecins de Grey’s Anatomy ou les avocats de Suits !).

Fahd EL MJABBER
Expert Comptable CAC
Tax & Legal Partner

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