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Faire ses Classes Prépas au Maroc

LES CLASSES PRÉPARATOIRES AUX GRANDES ECOLES (CPGE) AU MAROC

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), communément reconnues par l’appellation “Classes prépas”, sont un choix d’excellence pour les meilleurs bacheliers désirant devenir ingénieurs au Maroc.

Plusieurs questions peuvent être posées à ce sujet mais l’essentiel tourne autour des sept suivantes:

  1. Sont quoi ces classes Prépas ?
  2. Comment y accéder ?
  3. Elles sont combien?
  4. Elles offrent combien de place?
  5. Sont-elles installées à proximité?
  6. Qu’en est-il du taux de réussite au CNC ?
  7. Y’a-t-il d’autres débouchés ?

A ces questions, nous essayerons de formuler des réponses précises et étayées par les données officielles publiées par le Centre National d’Innovations Pédagogiques et d’Expérimentation (CNIPE).

    1. Sont quoi ces classes prépas?

Le décret ministériel n°455.02 du 05 juillet 2004 définit les CPGE étant des cycles post-baccalauréat qui durent deux années scolaires pour préparer les candidats aux concours d’accès aux établissements de l’enseignement supérieur. Ainsi, sont prévus trois pôles:

      1. les CP scientifiques et techniques

        • 3 filières en première année: Mathématiques Physique et Sciences de l’Ingénieur (MPSI) ; Physique Chimie et Sciences de l’Ingénieur (PCSI) et Technologie et Sciences Industrielles (TSI) ;
        • 4 filières en deuxième année: Mathématiques et Physique (MP), Technologie et Sciences Industrielles (TSI) ; Mathématiques et Physique (MP) ; Physique et Chimie (PC) et Physique et Sciences de l’Ingénieur (PSI).
      2. les CP économiques et commerciales

Offrant deux options sur les deux années de préparation à savoir : Economie et Commerce – Option scientifique (ECS); Economie et Commerce – Option technologique (ECT)

      1. les CP lettres et sciences humaines (LSH)

Qui débouchaient soit sur le concours d’agrégation soit sur celui des Centres Pédagogiques Régionaux (CPR). Elles n’ont pas pu tenir jusqu’à l’ouverture de l’année scolaire 2012-2013.Retour en haut

    1. Comment y accéder ?

L’accès aux CPGE est ouvert devant les titulaires d’un baccalauréat selon ces trois voies :

      • Voie 1 : Les bacheliers marocains : âgés de 21 ans au plus, à la date du 31 décembre de l’année de candidature. Leur baccalauréat doit être de l’année en cours avec la mention « assez bien » au moins. Exception faite pour ceux issus des séries techniques industrielles (STE, STM) ou sciences mathématiques (SM), qui ne sont pas soumis à la condition de mention.
      • Voie 2 : Les élèves de nationalité marocaine titulaires d’un baccalauréat étranger : Une vingtaine de places, toutes filières confondues, est réservée chaque année à cette catégorie de candidats.
      • Voie 3 : Les élèves de nationalité étrangère titulaires de baccalauréat étranger : Au total une centaine de places par an, toutes filières confondues, est réservée pour l’accès selon cette voie.

Ainsi, pour la rentrée scolaire 2018-2019 les inscrits en première année des classes prépas n’ont fait que de 2% de la population des éligibles et 7,5% des candidatures déposées.

Si on rajoute que presque 95% des retenues détiennent une mention « Bien » ou « Très bien », alors on ne fera que confirmer l’excellence de ce cycle grâce aux profils admis. Retour en haut

    1. Elles sont combien?

A la rentrée scolaire 2018-2019, le Maroc comptait 72 centres CPGE qui formaient 11 856 étudiants répartis sur 576 classes (Première et deuxième années).

Le secteur privé détient 57% de ces centres et 51% des classes disponibles, pourtant il n’accueille que 25,5% des inscrits. Autrement dit, au titre de la même rentrée scolaire, la moyenne d’étudiants par classe a tellement baissée dans ce secteur qu’elle a atteint 10 contre 32 en public et 22 en PPP. Il s’en suit, que même la moyenne d’étudiants par établissement est devenue respectivement 4 et 2 fois inférieure que celles enregistrés dans le secteur publique et de PPP.

Les CPGE de ce dernier secteur, gardent jusqu’à présent un aspect d’excellence vu qu’elles ne s’apparentent qu’à deux centres (lycée Al-Zahrawi à Rabat et lycée d’excellence de Ben guérir) ouvrant 16 classes pour 358 étudiants.

En conséquence, ils se distinguent par des effectifs plus équilibrés, ce qui leur garantissent une meilleure performance au niveau de la formation et de la gestion administrative. Retour en haut

    1. Elles offrent combien de places?

Il est intéressant de souligner l’évolution qu’a connue l’offre de CPGE durant la dernière décennie. L’effectif des étudiants de ce cycle a presque doublé en passant de 6469 à 11856 entre les années scolaires 2007-08 et 2018-19.

Cette performance est due principalement au doublement de la capacité d’accueil des CP publiques et l’augmentation de 50% de celle des CP privées.

Toutefois, ces deux tendances ont été accompagnées par un déséquilibre de distribution ayant préservé d’une part, la densité des classes publiques (30 étudiants/Classe) et créé des sous effectifs au niveau des privées de l’autre part.

D’ailleurs, en s’appuyant sur les statistiques de la plage allant de la rentrée 2007-2008 à 2018-2019, il s’avère que :

      • Le nombre de classes publiques a augmenté suite à la création de 7 nouveaux centres (de 22 à 29) et l’augmentation de la moyenne des classes par centre (de 6 à 9);
      • 15 nouveaux centres privés ont vu le jour (de 27 à 41) ce qui a induit une spectaculaire hausse du nombre de classes (+ 350%). Elles sont passées de 87 en 2007-08 à 294 en 2018-19. Pourtant, elles n’ont pu recruter que 44% d’étudiants supplémentaires. Et c’est la principale cause derrière la réduction de la moyenne d’étudiants par classe de 24 à 10. Retour en haut

    1. Sont-elles installées à proximité?

Les établissements abritant les classes prépas couvrent 25 villes répartis sur les 12 régions du Royaume. Leur cartographie est la suivante : Retour en haut

    1. Qu’en est-il du taux de réussite au CNC ?

L’analyse des taux de réussite au CNC sur la période de 2008 à 2018 fait ressortir une bonne convergence de la performance des classes privées vers celle des publiques. En effet, le taux d’admis issus des CP privées et qui avoisinait les 44% en 2008 a pu atteindre 72% en 2018. Ainsi l’écart n’est plus que de 11 points en 2018 au lieu de 28, dix ans auparavant.

De même, il est à signaler que malgré la croissance de 34% de l’effectif des candidats au CNC (de 3 480 en 2008 à 4 667 en 2019), le nombre d’admis est passé de 62% à 80%. Ces taux correspondent respectivement aux effectifs de 2138 en 2008 et 3743 en 2018. Retour en haut

  1. Y’a-t-il d’autres débouchés?

Les étudiants inscrits dans les filières ECS et ECT peuvent passer le Concours National d’Accès aux Écoles de Management (CNAEM). Il permet à ceux qui le réussissent d’intégrer l’Université Internationale de Rabat (UIR) en plus du réseau des Ecoles Nationales de Commerce et de Gestion (ENCG).

En 2018, ils étaient 1113 étudiants sur 1327 candidats (83,9%) qui ont réussi ce concours pour 960 places offertes par ces écoles de management. Retour en haut

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