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“Nicolas CHEIMANOFF” vante les ingénieurs de l’EMINES de BENGUERIR

Entretien publié sur le spécial Education de l’Opinion pour le mois d’Octobre 2021. Par son biais M. Nicolas Cheimanoff , Directeur de l’école d’ingénieurs EMINES relevant de l’université Mohamed VI Polytechnique, vante la formation des ingénieurs au sein de cet établissement et étale sa vision concernant plusieurs aspects à fort intérêt pour ce cycle.

Nicolas CheimanoffNous avons plus de 18 mois de crise sanitaire qui a chamboulé le processus de formation. Comment les écoles d’ingénieurs se sont-elles adaptées ?

Nous on a eu beaucoup de chance, vu que les étudiants habitent tous au sein de l’université. Toutefois vu que plus de 60% de nos professeurs sont étrangers, plusieurs cours ont été faits à distance. Les problèmes que nous avons rencontrés sont surtout d’ordre technique, les stages des étudiants ont été faits à distance et malheureusement, pour deux années consécutives, les étudiants n’ont pas pu faire d’échanges à l’échelle international.

Concernant les débouchés, avec la prolifération des masters… : est-ce que le cycle d’ingénieur a toujours sa valeur ?

Le cycle d’ingénieur commence par des classes préparatoires qui offrent une méthode de travailler unique. En plus de donner une formation scientifique complète, les classes développent les capacités de travail, l’efficacité et la rapidité de chacun. Même aux USA à titre d’exemple, même s’il n y’a pas de classes prépas ni d’écoles d’ingénieurs, les deux premières années suivent la même méthodologie des classes prépas de notre système. C’est cette méthodologie qui fait la différence. Je tiens à préciser toutefois, qu’on a besoin à la fois des personnes qui font des masters parce qu’ils ont des connaissances plus spécialisées et les compétences pour approfondir la recherche scientifique, tout comme on a besoin des ingénieurs parce qu’ils sont plus rapides, plus exécutifs et plus rentables tout de suite pour les entreprises.

Quel est le rôle de l’ingénieur dans la gestion de la chose publique, surtout dans un contexte de mutations politiques et économiques ?

Dans la conjoncture actuelle, il y a de plus en plus de sujets qui nécessitent le bon sens, le cartésianisme et l’organisation auxquels les ingénieurs sont parfaitement formés. Le grand public que ce soit les administrations ou les hommes politiques ont de plus en plus d’outils numériques à leur disposition, ils ont plus de données accessibles qui demandent un traitement scientifique. Pour être en terrain neutre, parlons de la France : la gestion de la pandémie aurait pu être réussie s’il y’avait plus d’ingénieurs responsables, surtout en statistiques. Chaque année, plus de 650 ingénieurs quittent le Maroc et c’est l’enjeu principal de notre école.

Comment pensez-vous convaincre les étudiants ingénieurs de rester au Maroc ?

D’abord, il faut les faire comprendre que l’Afrique ne va pas se développer toute seule. Le continent est très riche en matières premières mais il y’a très peu d’industrie de transformation. L’OCP fait partie de ce très peu d’entreprises de transformation. Elle a réussi à passer du phosphate à l’acide phosphorique puis à l’engrais et a ainsi doublé largement ses gains. Il faut expliquer aux ingénieurs que s’ils partent, il n’y aura personne pour faire ça. On a les ressources, il y’a de la croissance et il y’a moyen de créer une vraie autonomie. On apporte également les meilleurs professeurs de la planète (des américains, des français…) pour que nos étudiants marocains puissent donner le meilleur au continent. Il faut également encourager les étudiants à faire de l’entrepreneuriat et c’est ce qu’on fait à l’EMINES.

Le domaine de l’industrie et de la logistique était parmi les secteurs les plus touchés durant la pandémie. Comment concevez-vous la formation dans ces domaines à la lumière de cette crise et de l’évolution constante à l’échelle nationale et mondiale ?

Notre école est spécialisée en Management industriel. Avec la pandémie, toutes les organisations marocaines avaient un besoin de se restructurer : on a eu donc plus de travail durant le confinement parce qu’on faisait de la recherche scientifique afin de répondre aux besoins des entreprises. D’ailleurs, la pandémie a eu un effet très positif sur nos diplômés dans la mesure où ils ont trouvé des emplois facilement. Car en situation de crise, c’est là où les entreprises ciblent les diplômés des meilleures écoles. Les sociétés de conseil en stratégie, les entreprises comme Managem, OCP, Crédit Agricole, ont tous fait appel à nos lauréats parce qu’ils sont de véritables managers industriels capables de répondre à la complexité du monde actuel.

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