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Radouane ASTOU: Le mandat Benkirane ou les 5 ans du déclin de l’Ingénierie Nationale

Article publié le 05 Septembre 2016 sur le blog de son auteur

Depuis sa nomination en Janvier 2012, le gouvernement Benkirane n’a jamais communiquer sa vision quant à la promotion de l’ingénierie nationale ni sa volonté de se doter d’une stratégie intégrée pour sa mise en valeur. D’ailleurs, sur les 215 conseils du gouvernement tenus, n’ont été introduites à l’ordre du jour que 12 points afférents à l’ingénierie.

Ne constituant que des mesurettes, ces points sont loin de s’apparenter à une vision gouvernementale ou à quelconque stratégie de développement. Nous les avons recensés et sont comme suit :

  • Modifications des textes de loi régissant des établissements de formation des ingénieurs à savoir : EHTP (2), ESI (1), ENIM (2), ERN (1) et ENA de Rabat (1)
  • Une modification largement contestée concernant la loi régissant l’organisation de l’Ordre National des Géomètres et des Ingénieurs Topographes (1);
  • Deux modifications largement contestées concernant la loi régissant l’Ordre National des Architectes (2);
  • Deux modifications unilatérales et  méconnues par la majorité du statut des ingénieurs et architectes de la fonction publique (2).

Les illustrations de la défaillance de la gestion gouvernementale de ce dossier ne manquent pas, et j’en cite:

  • Les déclarations déplacées du ministre « Lahcen Daoudi » qui ne rate aucune occasion pour porter la responsabilité de la faiblesse des IDE à une insuffisance fictive du nombre des ingénieurs au Maroc. Ne sont ils pas au courant de l’affreuse augmentation de la population des ingénieurs chômeurs survenue depuis la déclaration du dépassement de 14% des objectifs de la fameuse initiative « 10.000 ingénieurs et assimilés à l’horizon 2010 ».
  • La déclaration irresponsable du chef du gouvernement lors de son passage à l’ESITH en tenant les étudiants ingénieurs coupables d’un sort dont il est la principale cause de défaillance. Aucune personne sensée ne peut demander à un nouveau lauréat issu d’une classe très moyenne sinon au dos cassé, de créer une entreprise et de recruter ses collègues dans un climat aussi morose. La dette publique et la corruption ont bel et bien atteint les narines et on refuse toujours de débloquer des « capital risk » ou de s’ouvrir sur les solutions de « CrowdFunding ». Le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas fait pour les ingénieurs et n’a jamais été la solution pour émerger un entrepreunariat  à forte valeur ajoutée.
  • l’insouciance vis-à-vis des réclamations déposées par les instances représentatives des ingénieurs pour défendre des droits légitimes. Preuves à l’appui, voici deux dossiers auxquels n’a été réservé aucune suite de la part des autorités compétentes:

Le premier, est celui des 40 ingénieurs recrutés au ministère de l’éducation nationale étant des enseignants à l’échelle 10 et auxquels aucun des deux ministres n’a voulu prendre sa responsabilité et valider leur ascension à l’échelle 11 comme a été le cas de leurs collègues titulaires de Master.

Le deuxième, est celui des dépassements soulevés lors des présélections aux concours d’accès aux établissements publics et semi-publics. Nous avons vécu deux grands cas sans suite à nos jours, celui de l’ONCF et celui du ministère des Habous et des affaires islamiques.

  • La création des écoles polytechniques: Aucune étude n’a été présentée aux parties concernées afin qu’elles puissent comprendre la finalité et les objectifs de la mesure et aider à l’instaurer. Par une simple signature, on décrète lors des congés une loi et on demande son exécution à partir de septembre prochain. Quelques jours après et suite à la réception d’un courrier du syndicat des professeurs de l’enseignement supérieur, on reporte la date d’effet à deux ans. on ne peut que clamer cet amateurisme de gestion dans un secteur aussi vital pour le développement de la nation.
  • … etc.

Je m’arrête à ce niveau sinon je remplirai tout un journal.

En résumé, durant son mandat le gouvernement Benkirane a bien réussi à tourner le dos à l’ingénierie nationale. En conséquence, il ne peut être tenu que pour coupable de l’affreux bilan de sa négligence d’une ressource fiable et engagée dans tous les chantiers du développement du Royaume.

Malgré tout, nous continuerons de faire ce qu’on s’est habitué à toujours faire: Militer pour un Maroc Meilleur.

Radouane ASTOU

Acteur associatif et syndical

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